Des primes d’assurances collectives qui explosent!

Une chronique de Sylvie Lacroix, Présidente Médicie – Publiée le 24 septembre 2019

De nos jours, la grande majorité des employeurs comprennent qu’il existe un lien direct entre la condition de santé des employés et la performance de l’organisation.

Au Canada, on estime que la prime annuelle moyenne pour un régime d’assurance collective se situe normalement entre 1 500 $ et 4 000 $ par employé, un montant qui est voué à augmenter en raison du vieillissement de la population, de l’inflation, mais surtout, en raison du coût des médicaments. 

Actuellement, 75 % des réclamations totales de soins médicaux sont liées aux coûts des médicaments. Avec une population vieillissante en croissance, il y a fort à parier que la consommation de médicaments poursuivra la même courbe.

L’augmentation des coûts des médicaments est devenue depuis les deux dernières décennies un enjeu majeur. Selon les dernières prévisions, les coûts médicaux au Canada pour 2019 devraient avoir augmenté de 6,0 %, ce qui est largement au-dessus de l’inflation. 

Les impacts sur l’entreprise 

Une telle situation a de nombreux impacts sur notre société et conséquemment, sur nos entreprises. 

Saviez-vous que : 

  1. Près de trois millions de Canadiens n’ont pas pu se payer un médicament sur ordonnance ou plus l’an dernier ; 
  2. Un million de Canadiens coupent dans leurs dépenses en alimentation ou en chauffage pour payer leurs médicaments ; 
  3. Que ceux-ci sont plus susceptibles d’être hospitalisés, car ils ne suivent pas leur traitement correctement ; 
  4. Que le résultat se traduit par 220 000 visites aux urgences, 90 000 hospitalisations et 1,2 milliard de dollars par an, et ce, juste pour les médicaments associés à trois affections courantes (diabète, maladies du cœur et troubles respiratoires chroniques). 

On peut donc conclure que plus le coût des médicaments augmente, plus les primes d’assurances collectives augmentent, plus le nombre d’employés qui ne prennent pas leurs médicaments augmente, plus leur condition de santé se dégrade, plus il y a de visites et de séjours à l’hôpital et évidemment, plus le coût global des primes d’assurances augmente. Vous comprendrez donc dans quelle spirale les entreprises comme les employés peuvent se retrouver. 

Comment s’en sortir ? 

Comme employeur, on peut se sentir impuissant face à ce phénomène. Comment gérer un programme d’assurance collective afin qu’il réponde aux besoins des employés sans engendrer des coûts excessifs pour celui-ci et pour l’employeur ? Ce n’est pas un exercice simple. 

De nombreuses études ont démontré que l’approche la plus prometteuse et efficace consiste à cibler la source des problèmes de santé des employés plutôt que de pallier aux conséquences et symptômes de ceux-ci. 

Ainsi, en raison de l’incidence des mauvaises habitudes de vie sur des maladies telles que le cancer, le diabète et les affections cardiovasculaires, les employeurs ont tout avantage à motiver les employés à prendre en charge leur condition de santé et à gérer de manière plus efficace leurs maladies chroniques. Cette stratégie de réduction de coûts est promue par François Choquette, leader, Avantages mondiaux chez Aon. Selon lui, « la solution structurelle suppose de favoriser activement une main-d’œuvre saine, en commençant par des avantages en soins de santé robustes pour tous les employés de la société ainsi que pour leurs familles ». 

Et l’idée fait du chemin. Saviez-vous que : 

  1. La santé et le bien-être des employés se sont classés au premier rang parmi les préoccupations des professionnels des ressources humaines au sein du Baromètre des avantages sociaux Canada 2018, publié par Hub International en août 2018, devançant même les préoccupations en matière de coûts ; 
  2. Près de la moitié (47 %) des répondants à l’enquête annuelle de Morneau Shepell, « Tendances en ressources humaines 2018 », ont mentionné que l’amélioration de la santé mentale ou physique sera une priorité, classant celle-ci parmi les cinq grandes priorités ; 
  3. Selon RBC Assurances, cet intérêt pour l’amélioration de la santé et du bien-être des employés aurait une incidence réelle sur la motivation au travail, en plus d’entraîner une réduction de l’absentéisme de 41 % et une augmentation de la productivité de 17 %. 

Que conclure de tout ça ? 

L’employeur, loin d’être impuissant face à la hausse constante de primes d’assurances collectives, peut à l’inverse jouer un rôle clé dans l’amélioration de la santé de ses employés. En ciblant la source du problème, il sera alors en mesure de mieux gérer les coûts reliés à la non-santé de sa main-d’œuvre. En prenant à cœur la santé et le bien-être de ses employés, il démontrera de manière concrète l’importance que l’entreprise accorde à son actif le plus précieux. 

Parce qu’investir dans la santé de vos employés, c’est une façon rentable de se démarquer comme employeur ! 

Sources :

https://www.ccmm.ca/fr/blog-acclr/des-primes-d-assurance-collective-basses-dans-l-interet-de-tous/

https://www.sunlife.ca/ca/Tools+and+Resources/Money+and+Finances/Managing+your+money/Cinq+fac ons+depargner+sur+le+cout+des+medicaments+dordonnance?vgnLocale=fr_CA

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/quebec/201803/06/01-5156212-des-couts-dassurancesmedicales-qui-explosent.php

https://www.lesaffaires.com/dossier/assurances-et-regimes-de-retraite-2018/quelles-strategies-pourcontenir-les-couts-/606552