L’absentéisme, une pathologie organisationnelle !

Une chronique de Sylvie Lacroix, Présidente Médicie – Publiée le 30 août 2019

L'absentéisme une pathologie organisationnelle

De nos jours, la grande majorité des employeurs comprennent qu’il existe un lien direct entre la condition de santé des employés et la performance de l’organisation.

Évidemment, tous savent que l’absentéisme a un coût et que plusieurs variables doivent être prises en compte dans le calcul de celui-ci soit : le salaire des employés absents et improductifs, les coûts liés à leur remplacement, les heures supplémentaires, l’administration, le temps de gestion et les primes d’assurance. Des études ont démontré que, selon le secteur, l’absentéisme peut représenter de 5 % à 20 % de la masse salariale d’une entreprise.

Fait surprenant, en 2016, au Québec, le taux d’absence moyen était de 12 jours par employé par année (donc, récurrent !). Et malheureusement, ce taux n’est pas près de diminuer principalement en raison du vieillissement de la population, de l’augmentation des coûts liés à la santé et aux médicaments, et de la hausse du nombre de diagnostics de maladie mentale.

Mais, l’absentéisme n’est pas seulement un problème coûteux pour les entreprises. C’est aussi un problème complexe à comprendre et à gérer. Je m’explique.

Prenons le cas d’un employé stratégique à la production qui doit s’absenter en raison d’une entorse suite à une partie de hockey un peu costaude, ou celui d’un employé blessé qui n’a pas accès à un médecin de famille pour assurer le suivi d’une lésion professionnelle, ou même celui d’une employée dont la condition médicale nécessite un suivi dans 2 semaines, mais qui ne peut avoir de rendez-vous avec son médecin avant 2 mois, ou encore le cas d’un employé qui ne voulait pas aller aux urgences en raison du temps d’attente et dont la condition s’est détériorée. Les absences au travail peuvent donc s’expliquer par des conditions résultant d’une situation professionnelle ou personnelle, et ce, avec le même impact pour l’employeur : des absences au travail.

La question : Quel employeur peut se permettre de perdre des employés pour des absences imprévues avec toutes les implications qui en découlent ?

La solution : une gestion stratégique des absences

Certains employeurs ont compris que la gestion des absences ne doit pas s’effectuer comme une tâche administrative (généralement très éloignée des priorités de l’organisation), mais plutôt orienter celle-ci vers la gestion des coûts, la productivité, l’engagement et la fidélisation des employés.

Ils empruntent alors une approche de gestion des absences plus stratégique, proactive et intégrée qui aborde le problème de l’absentéisme, peu importe les sources d’absence.

L’objectif visé par ces employeurs est de faire en sorte que l’employé puisse réintégrer son emploi le plus rapidement possible, de la façon la plus sécuritaire qui soit et avec le meilleur niveau de productivité possible.

Comment procéder pour y arriver ? Ces employeurs offrent à leurs employés l’accès à des professionnels de la santé du secteur privé qui peuvent :

  1. Dispenser rapidement les soins requis pour des urgences mineures en cas de lésions professionnelles ou personnelles
  2. Évaluer les possibilités d’assignation temporaire proposées par l’employeur
  3. Assurer le suivi régulier de leur condition
  4. Faire des recommandations au médecin de famille de l’employé
  5. Avec le consentement de l’employé, faire un suivi avec l’employeur sur l’évolution de l’état de l’employé après chacune de ses visites.

Cette stratégie répond à un enjeu majeur des employés ceux-ci manquant souvent de ressources pour obtenir le soutien et les soins dont ils ont besoin. En permettant l’accès à des professionnels de la santé du secteur privé, l’employeur multiplie les possibilités de soutenir le rétablissement et un retour au travail rapide, sécuritaire et valorisant de l’employé.

Les arguments en faveur d’une gestion stratégique des absences sont effectivement nombreux. Ne mentionnons que la réduction du taux d’absentéisme, le contrôle des primes d’assurances collectives et de CNESST, l’augmentation de la productivité, attraction et rétention du personnel, etc.

Mais surtout, ne croyez-vous pas que, si le coût total de l’absentéisme au sein de votre organisation correspond à 5 % ou plus de votre masse salariale, vous pourriez mieux utiliser cet argent ?


Sources : Pratiques exemplaires en gestion des absences et de l’invalidité, Guide complet pour les gestionnaires d’aujourd’hui, Morneau Shepell ltée, 2016